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Jeudi 11 décembre 2008
Ou 8 décembre, ou illuminations de Lyon, ou fête de Marie...

Autant de noms que d'explications sur cette fête au départ religieuse, puis populaire pour finir commerciale(Après les applaudissements, le logo EDF s'est fait hué sur la place des Terreaux)!
Certains disent qu'en 1852, la fête était prévue pour l'inauguration d'une statue de la Vierge Marie au sommet de Fourvière. Au départ le 8  septembre, la fête est reportée au 8 décembre, fête de l’immaculée conception, (puis au 12 mais l'histoire n'a gardé que le 8) à cause du débordement de la Saône (ca chage de l'effondrement de la colline le 12-13 novembre 1930!). D'autres affirment qu'en 1643, la peste était au porte de la ville et qu'en échange de sa protection, les citadins mettraient des lumignions à leur fenêtre pour remercier la Vierge Marie!

J'ai envie de dire, peu importe au final l'explication réelle, cette fête fait partie des mythes urbains et il est toujours interessant d'en être partie prenante.

Quand à moi, depuis 24 ans que je traîne mes godasses sur Lyon, j'ai toujours entendu parlé de la seconde version. Mais je reste plutôt adepte du fait que c'est un festival, où il y a de la musique, on je peux prendre des photos (vous pouvez en voir quelques unes à coté) des monuments mis en valeur, manger des marrons grillés, et boire du vin chaud. Et comme je suis traditionnaliste, je n'oublie pas les verres colorés pour mettre mes lupiottes aux fenêtres de ma maison!

Et que la magie perdure...

Par Melo
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Samedi 12 avril 2008

J’aimerai pouvoir témoigner de ce que j’ai vu. Mais peut-on mettre des mots sur la misère ? La représentation imagée que l’on s’en fait ne sera jamais assez proche de la réalité. Bientôt diplômée (inch’allah) en santé publique, j’ai sentie un découragement en voyant ca : par où commencer ? Sans être vraiment atteinte au point de pleurer comme d’autre, dans ma tête la phrase : « c’est pas possible, comment peut-on vivre la dedans ? Et y vit-on vraiment ? » tourne encore à l'infini. Mais comme je le disais juste au dessus, dans ce pays, il faut s’accrocher, sinon c’est la dépression : il y a tellement à faire, que bien souvent je m’image les bras ballants, comme regardant une salle des fêtes après un mariage en me demandant par où commencer. Sauf que le Bangladesh n’a jamais été invité à la noce.

 

Pour être plus concrète, un de nos petits gosses, entre 10 et 13 ans, nous a invité à prendre le thé chez sa mère. Nous avons bien négocié pour ne pas être invité à manger, ma collègue pour ne pas être un poids pour une famille pauvre, et moi pour ne pas avoir un poids sur l’estomac, un poids appelé typhoïde, je dois bien le reconnaître ! En ricksha, nous sommes d’abord passé par des petites rues bordées d’arbres et d’immeubles. Un marché ou l’odeur du poisson (du jour ?) vous saisie à la gorge…petit à petit nous nous enfonçons dans un quartier un peu plus populaire. Les immeubles font place à des micro hangars, où les femmes fatiguées, trient du tissu. Fatiguées de trop de gorssesses, fatiguées de trop de travail, fatiguées de trop de pauvreté…Leurs yeux ne sourient plus depuis longtemps, leurs sourires sont las. Elles donnent l’impression d’avoir 45ans, approximation sûrement exagérée de 10 ans si ce n’est pas 15 ! Leurs sarees ont beau être multicolores, ils ne changent pas cette impression d’usure, jusqu’à l’os puisque c’est bien tout ce qu’il reste.

D’un coup, l’horizon devient visible, fini les bâtiments en ciment, les maisons en briques rouges….devant moi, sur un terrain vague, une mer de tôle luit au soleil couchant, la poussière faisant refléter ses rayons dorés comme mille paillettes. Mais sous ce beau voile transparent, se cache l’ignominie du monstre nommé pauvreté ! Le chemin qui y mène n’est qu’une longue suite de pas vers toujours plus de « petit », de « sale », de « noir ».

D’abord, nous passons par la « salle de jeu » : un monticule de terre sableuse, se jetant dans une marre remplie de jacentes d’eau, sert de terrain où les enfants se roulent, se jettent du sable et le jettent au ciel, symbole d’un vœu  qui ne sera jamais exaucé. Un petit ruisseau de quelques centimètres descend vers les habitations. Pour le moment, pas besoin de regarder si on ne marche pas dans quelques saletés, mais juste faire attention au trou, tant le terrain est accidentés. Les gens nous regardent, d’un visage inexpressif. Seuls les enfants s’arrêtent de jouer pour deviner la raison de notre présence ici. Nous débouchons sur une marre, noire. A tout moment je m’attends à voir jaillir le tentacule de la pieuvre qui se serait cachée dans ces eaux ressemblant à du pétrole, visqueuses et noires. Mais non, la frêle vielle en train de se laver et celle appuyant de tout son poids sur la pompe à bras pour faire sortir une eau douteuse de la fontaine située à quelque centimètre de cette marre boueuse n’ont rien à craindre. En tout cas pas de la pieuvre. Des amibes, de la pollution, des maladies sûrement, mais depuis le temps….

Le chemin se rétrécie, nous prenons à gauche entre deux maisons. C’est tellement étroit, que quand j’étends mes bras sur le côté, je peux toucher les parois des maisons. Un petite chèvre blanche bien maigre nous salut d’un bêlement apeuré. De nouveau, nous voici  longeant une marre noirâtre, parsemée de jacentes mais surtout de détritus en tout genre : sacs plastique, peau de légumes, emballages de savon et canettes de soda. Tout stagne ici, les marres comme la vie. Pourtant sur notre droite, de joyeux hello nous interpellent. Dans 70m² de terrain vague, les jeunes ont construit un « stade » où ils jouent au cricket. Notre arrivée a bien sûr été remarquée.

Nous arrivons cette fois près des maisons au toit de tôles. Je n’avais pas remarqué au premier abord, qu’elles étaient surélevées grâce à des pilotis de 40cm de bambous. 40cm, c’est la différence qu’il y a entre leur lieu d’habitations et les 50cm de detritus et merde en tout genre gisant juste au dessous de leur maison. Nous empruntons un chemin….de 4 bambous, sorte de pont de singe survolant la surface de la décharge et créant un réseau permettant de lier chaque maison entre elle. Cette fois, je ne peux même pas étendre mes bras entre deux maisons. Je souhaite qu’une seule chose : ne pas glisser et tomber « la-dedans », il n’y a pas d’autre mot pour expliquer ca. Plus nous progressions dans le village et plus les ponts de bambous sont élevés. J’ai un peu l’impression d’être dans la ville des elfes, dans le Seigneurs des Anneaux, la beauté et l’odeur des arbres en moins. Les maisons sont partagées en deux avec une paroi de bambou, pas plus épaisse qu’un paravent. Les trous donnent encore plus l’impression d’habiter chez son voisin. En fait, l’unique pièce est tellement petite, que le pot en argile servant pour la cuisson reste sur le pas de la porte. Un tournant à gauche et je manque de buter sur un petit babu (bébé). Il est assis par terre, plutôt inerte. Ce que je vois me tord le cœur. Il a tous les signes d’une sous nutrition qui commence à être sévère. Déjà il est amorphe et ne réagis plus à rien. Si sa situation ne change pas, je ne lui donne pas deux mois de vie, à peine moins de la moitié de ce qu’il a déjà vécu ! Ces yeux immobiles à la limite du révulsés et sa bouche entrouverte, qui demande trop d’énergie pour être fermée lui donne l’air d’un fantôme. De toute façon, il est déjà presque plus mort que vivant….quelle vie éphémère !

Notre petit gosse du foyer nous attend, impatient. A coté de tous ceux qui nous entourent, il détonne énormément. Il fait presque gras, trop propre et trop bien habillé, alors qu’il est tout à fait normal et ne porte qu’un vieux jeans et un T-shirt blanc et propre. Nous arrivons dans sa maison. Avec le lit et l’étagère, ce n’est que 1 m² qu’il reste pour vivre. Le sol est fait de planche de bois et à travers les jours, on peut voir les détritus de dessous la maison. En fait, je constaterai par la suite que ce sont leur propre poubelle. Un épluchure de banane : hop entre les deux lattes de bois ! Pratique et plus de corvée de poubelles. De toutes façon ici, il n’y a pas de système de ramassage, encore moins de tri !

Quand sa mère arrive, je suis impressionnée. Elle est très belle et souriante, un joli saree et un joli sourire. Elle nous offre du coca (ouf on va pouvoir échapper à la typhoïde) du cake et des bananes. Aussitôt, elle entreprend de découper la pastèque que nous lui avons apportée. Sa petite fille de 4 ans est très jolie et toute potelée ! Devant la porte, une dizaine d’enfants au ventre distendu nous regarde manger, j’ai du mal à déglutir. Puis la maman nous montre des photos. Un doute me prend…je pense qu’en fait elle n’est pas née dans les bidonvilles. Elle vient apparemment de la classe moyenne, mais quand son mari est parti, elle a atterri ici, malgré un travail dans le textile (16€/mois). C’est triste car ayant connue autre chose, cela a dut être encore plus dur pour elle de s’adapter à ce milieu, mais on voit bien, en comparant avec les autres femmes habitants autour, qu’elle n’a pas le même standing. Quand elle nous demande de prendre aussi sa fille au foyer, je ne sais que répondre. De une, car ce n’est pas à moi de décider et de deux rien que dans le km² , je vois 50 familles ou plus qui sont dans une situation bien plus précaire et dont les enfants auraient bien plus besoin de bien manger, d’avoir un toit sans trous d’où l’eau suinte pendant la saison des pluies et d’aller dans une école. Mais qui sommes nous pour décider ainsi de la vie des gens? Ce simple oui ou non peuvent tout faire basculer pour eux.

 

Nous ne nous attarderons pas trop, nous sommes assez mal à l’aise ici. En sortant, nous ferons une halte au « Musée de la guerre de libération ». Histoire de nous remonter le moral, ce musée explique le génocide des Bangladeshi par les Pakistanais en 1971 : 3 millions de morts, plus que le Rwanda et le Cambodge réunis apparemment. Et tout ca passé sous silence !

 

Ce n’est pas très joyeux comme message, mais bon, c’est la réalité. Et le pire je pense c’est qu’ils s’estiment chanceux, ils ont un toit au dessus de leur tête

Par Melo - Publié dans : Reflexions
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Mardi 1 avril 2008
Parfois, ce qui nous semble que justice peut provoquer plus de torts, surtout dans une culture différente, surtout si nous oublions d'écouter la personne en face de nous.  Des fois, ce n'est pas la justice que la personne demande, mais le droit d'oublier, le droit de vivre sa vie sans être stigmatisée et le droit de faire ses propres choix....Savons nous toujours respecter ces choix qui nous semble si loin de nos idéaux?

En travaillant sur les dossiers des enfants du centre, je suis tombée sur une lettre qu'une des filles avait écrite sur une feuille de cahier scolaire et qui était en anglais.  Je dois dire qu'elle m'a assez surprise et j'ai donc demandé la raison de cette lettre. Une de nos filles, appelons la  Mongla,  a été violée par son beau-père pendant de nombreuses années avant d'arriver dans notre foyer pour enfants des rues. Son intégration a été difficile,  car pour elle,  les relations sexuelles étant  une façon de montrer son affection envers tout type de personne, elle poussait les enfants  à en avoir entre eux.  Il a fallu beaucoup de travail pour lui faire prendre conscience de ce dont elle avait souffert, pour lui faire comprendre aussi le sens de l'acte sexuel.

L'expatriée en place, appelons la Sophie,  pour des raisons que je ne connais pas mais que dans un sens je peux imaginer et comprendre, a voulu  faire un procès à la famille de cette gosse.  Apparemment , la fille n'a pas été pris en compte ou écouter par rapport à ca, et cela la pousser à écrire cette lettre:

"Bonjour Sœur Bibi, sœur Sophie et tous mes frères

 Ma demande est que s’il vous plait, ne faites pas un procès à ma mère, ni à mon père, mes frères et sœurs.

 

Je serais très contente si vous satisfaisiez ma requête. Sœurs et frères, vous êtes mes professeurs d’école. Mais sans ma maman, je ne serais pas née en ce monde. Donc je ne peux pas la déshonorer. Sœurs, je sais que vous voulez mon bien. Je ne sais pas si ma mère veut mon bien ou non. Si ma mère ne veut pas mon bien alors Allah la jugera. Je pense qu’ils vont essayez de vous faire peur ?

 

J’ai une autre demande. Si je m’en vais un jour du foyer, svp n’essayez pas de me retrouver. Et si vous essayez de me retrouver et de faire un procès à un membre de ma famille, alors je demanderai justice à Allah. Je demanderai à Allah que ceux qui me tiennent loin de ma famille d’enlever leur famille à eux aussi. Je n’écrirai rien de plus."

Voila le problème de penser à la place des gens selon nos propres critères et culture.

Maintenant, l'expat n'est plus la, mais la gosse oui. Heureusement, grâce à cette lettre, la procédure judiciaire n'a jamais eu lieu! Mongla est toujours chez nous, elle a plus de 13 ans maintenant et elle travail très bien à l'école. C'est une fille généreuse, qui ne rechigne pas à aider à la cuisine. Son anglais lui permet de parler un peu avec moi.  Et une fois par an, sa mère vient la visiter. Même si de temps en temps je la trouve tristement assise dans un coin, j'aime voir son sourire lorsqu'elle danse...






PS: les noms ont bien évidemment été modifiés. Pour la lettre, j'ai essayé de la traduire du mieux possible, en essayant de garder le ton, mais le bangla de départ ne devait déjà pas être particulièrement bon et la version anglaise non plus.

Par Melo - Publié dans : Reflexions
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Jeudi 27 mars 2008

Aujourd’hui, jour de vaccination contre le Tétanos ! Que de bruit que de bruit ! Entre l’agitation car enfin quelque chose de nouveau se passe et les pleurs de ceux qui ne veulent pas se faire vacciner….j’en rajoute un peu en rigolant : « Borna babu ! » (Borna est un bébé !). Il faut bien dédramatiser la situation, ce n’est qu’une petite piqûre et ils ont plus de 12 ans maintenant !!!

 

Autre type d’agitation, plus sympathique cette fois : le pique-nique ! Nous sommes partis avec nos 42 gamins qui pour une fois avaient l’occasion de sortir un peu du centre et de Dhaka. Direction un parc dans le nord-est de Dhaka, à 28km environ. Autant dire 2h de bus vu la circulation. Organisés au dernier moment (comme d’habitude !) nous n’avons qu’un petit bus d’une vingtaine de place, pour tous les enfants, une dizaine d’accompagnateur et leurs invités ! Qu’à cela ne tienne : 3 enfants par place et d’autre sur les genoux des adultes ! Ma jambe droite s’en souvient encore ! Ils ne sont pas lourds comme ça, tout juste 30kg tout mouillé, mais au bout d’un certain temps, ça commence à donner des fourmis ! --En tout cas, eux, ça ne les a pas dérangé le moins du monde. Le départ était assez matinal, donc sans trop d’ébullition.

 

Arrivés au parc, un doute me prends : que vont faire nos gosses toute la journée sur 3 pauvres petites balancelles et 2 manèges ! Esprit français je te salut ! J’avais oublié un détail : la plupart n’ont jamais fait de balançoires, ni de toboggan, et peu avaient vu en vrai un manège à petit chevaux ! Pas de risque de s’ennuyer donc : toute la journée, ils cavalent de droite à gauche, inventent des nouveaux jeux sur les traditionnelles balançoires tape-cul (celui qui tombe le premier, celui qui saute le plus haut ou celui qui se fait le plus gros bobo sans pleurer ….) Et quand ils sont fatigués, il reste des parties de foot pied nus sur de l’herbe ou tout simplement se faire rôtir au soleil, les doigts de pieds en éventail. Alamin, notre homme à tout faire, leur propose une petite balade en barque sur l’étang : que d’aventure !

 

Il sera difficile de les faire s’arrêter pour le midi, mais la perspective d’un gâteau crémeux pour l’anniversaire de notre président facilite grandement la mise à table ! Avant de partir, une petite séance dessin est organisée. Sans appareil photo c’est leur seule façon pour mémoriser ce qu’ils ont vu ou fait aujourd’hui et pour une fois ils ne dessinent pas leurs habituelles maisons et palmiers. (Je vais ramener une pleine valise de ces dessins là !). Ca n’a pas été si évident puisque j’ai dû moi-même prendre les crayons de couleur et dessiner le manège avant qu’ils se disent qu’il y avait d’autres sujets d’art ! Ensuite il a fallu leur expliquer que le plus important c’était qu’ils dessinent et non pas moi, même si mes dessins avaient l’air plus réaliste (ce que je démens humblement !)

 

Un petit bout de pastèque et nous revoilà dans le bus ! Cette fois, le retour est beaucoup plus animé ! Les garçons de l’avant commencent spontanément des chants qu’ils continueront presque la totalité du trajet, tapant dans leurs mains et impliquant le chauffeur (pas pour taper dans les mains hein, mais pour chanter !) Le petit bout sur mes genoux n’aurait toutefois aucun mal à s’endormir bien profondément.

 

Par Melo - Publié dans : Le foyer pour enfants des rues
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Vendredi 21 mars 2008

A peine le temps d’une partie de foot avec les enfants, d’un henné fait par les grandes filles que nous revoici à l’aéroport, direction les montagnes. Devant la réputation de certaines compagnies aériennes je m’attendais à être transportée dans un vieux coucou avec encore la moitié des indications en russe. Slogan de notre compagnies : flight with your own airlines ! Ca n’augurait pas forcément que du bon car vu l’état de certains de nos véhicules j’espérais que l’avion ne serait pas en situation identique. Au lieu de ca, nous voila devant ce qui pourrait être un jet privé. Une trentaine de places, sièges en cuir…Bref tout confort même si dans mon fort intérieur je souhaitais des trous d’air confortables ! Résurgence de mes vols en hélico qui m’ont laissé un arrière goût de mal des transports aériens tenace.

Bref, nous voila arrivé à l’aéroport de Chittagong, au Sud Est du pays. Les mendiants sont bien plus nombreux ici qu’à Dacca, habitués à voir de nombreux touristes ainsi que des businessmen visitant le principal port du pays. De cette ville nous ne verrons rien d’autres que les embouteillages car nous filons directement dans les montagnes.

Proches de la frontières indiennes et birmanes, ces montagnes sont le lieu d’habitations de nombreuses ethnies : Bawm, Tepura, Manra….Je m’attendais à ce qu’elles soient regroupées plus ou moins dans les mêmes zones, mais en fait d’un village à l’autre nous changeons d’ethnie et de religion. Si j’ai bien tout compris, chaque ethnie se distingue aussi par sa religion, les uns étant chrétien ou bouddhiste, les autres hindous, ou musulmans. Pas évident pour moi de prendre des photo car j’avais vraiment l’impression d’être dans un zoo d’humain et tout coup je me mettais à leur place ! Remarque, ca doit les faire bien rigoler de voir des blancs avec de gros objectifs les photographiant en train de transporter de l’eau ou de trier du riz ! Ils doivent se dire que nous sommes fous d’utiliser de la pellicule pour des taches aussi quotidiennes et sans intérêt ! Mais bon, malgré ce malaise, c’était assez bien d’arriver à pieds dans les villages, de visiter la région…Notre guide est de l’ethnie Bawm donc il a pu nous expliquer pas mal de chose. Et puis les villageois sont au final timide malgré une certaines habitude de voir des touristes (relativement parlant car à part 2 groupes de 3 à 5 personnes par jours nous n’avons pas vu grand monde dans l’hôtel). Au final, nous avons peut être eut plus d’interaction avec nos gardes armés ! Et oui vous avez bien lu ! A mon grand désespoir d’ailleurs. La région est assez sous tension, officiellement car un groupe de touristes s’est fait kidnappés il y a 2-3 donc il faut une autorisation spéciale pour aller dans cette région et une fois qu’on y est, tous nos déplacements sont accompagnés de militaires ! Paranoïaque sur les bords, je soupçonne aussi d’autres raisons beaucoup moins reluisante, comme la surveillance d’agents souhaitant une indépendance ou une autonomie, mais je n’ai aucune preuve la dessus.

Mais nos gardes étaient très sympa et il y avait toujours 1 sur les 2 qui parlaient un peu anglais, et nos racontait aussi des choses sur cette région ou sur le Bangladesh. Ils ont même invité Nelly (une copine d’une copine qui a fait le voyage avec nous) et mon père à jouer à une sortes de billard local dans une boutique d’un petit village en haut d’une colline ! Les pauvres, avec nous ils ont pas eut de chance car contrairement à certains touristes, nous voulions toujours marcher pour voir plus, ou juste pour marcher : on a dû les épuiser !

A part ça qui avait-il dans cet endroit : des écureuils grimpant dans les bananiers, des chiens jaunes, des énormes gecko empêchant mes parents de dormir ! De magnifiques oiseaux avec des chants  très originaux, des ours, des singes….Bref la nature ! Des fleurs aussi, orchidées et fleurs de bambou qui ont la particularité de ne fleurir qu’une fois par centenaire ! On a eut de la chance ! Vous imaginez mon dépit de rentrer à Dacca, dans la pollution, la chaleur et le bruit !

Heureusement, les enfants étaient là, prêts à nous accueillir et à remplir nos cœurs de sourires et de chants ! Re partie de foot pour mon père, avec une pseudo partie de cricket ! Nous avion acheter de quoi faire une salade de fruits : vous n’imaginez même pas combien leurs yeux brillaient devant une chose aussi simple ! J’en avait déjà fait une précédemment du coup une petite maligne m’a demandé avec des yeux de gloutons si j’allais en faire tous les vendredis !!!! 7 euros pour 42 enfants c’est pas grand-chose mais à force !

Ils nous ont aussi montré leur danse et tout le monde s’y est mis pour 1/2h : pas plus car après c’était l’heure du feuilleton à la TV et puis vu l la chaleur c’était mieux ainsi !

Pour le dernier jour de mes parents, je leur ai fait visiter le vieux Dhaka, mosque et temple, petites rues et bazar ou la tête des chèvres égorgées sont en ventes toutes la journée en bord de rue ! A notre retour, les enfants ont encore bien profité de nos pitreries, nous tuant définitivement de fatigue !

Depuis, je suis retournée au travail, donc j’ai la tête à peu moins au sourire et à jouer avec eux ! Ils me demandent tous si je suis malade ! Mais leur question principale reste de savoir où sont partis mes parents et quand ils vont revenir ! Ils ont même fait la demande exprès qu’ils reviennent avec mon neveu, qu’ils admirent si souvent sur mon écran d’ordi ! Shoundar babou (joli bébé !!!)

PS: les montagnes ne faisaient pas 2000m d'altitude comme l'avais suggérer un de nos guides pécédents mais 2000 pieds soit 800m  environ! Ca me parait un peu plus réaliste déjà!

Par Melo - Publié dans : Le Bangladesh en touriste
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Dimanche 16 mars 2008

Ils sont arrivés un matin, non contents de l’émotion de leur arrivée, ils ont en plus voulu me faire peur ! Le vol était annoncé en retard (pour pas changer) donc j’avais une heure voir plus à attendre. A l’heure indiquée, le vol est annoncé ! Tous les passagers descendent, les hôtesses et les stewards et malgré tous les blancs qui passent devant moi, aucun ne correspond à la description de mes parents. Ont-ils tant changé que je ne les reconnais plus ??? Au bout d’une heure, le flux des passagers emirates est de plus en plus réduit, alors je me tourne vers mon voisin bangladeshi et je lui demande quel vol il attend. Le même que le mien. Une autre heure passe et toujours personne. Perdant patience, j’appelle à mon bureau pour qu’on regarde mes mails, d’ici qu’ils aient été bloqués à Dubai, et je commence à chercher le bureau des informations, à l’extérieur de l’aéroport. On me dit « wait » ! Bon ! J’essaye de rentrer de nouveau mais je dois refaire tout le tour et payer encore une fois le droit d’entrée. Enfin, j’aperçois maman. Encore 20 min à patienter et nous voila tout serrés dans un taxi pourri, sans clim ni amortisseurs. 1h30 de route dans la pollution et la poussière et nous voila entouré d’enfants, qui portent les bagages, qui montrent le chemin. Les questions fusent de toutes parts:  « what is your name ? What is your country ?.......”

 

 

 

Le lendemain, c’est la préparation des vacances: achat de quelques tenues locales pour avoir moins chaud et  essayer vainement de se fondre dans le paysage, tentative de payement de l’agence de voyage qu’on ne trouvera jamais, X coup de téléphone non aboutis pour s’organiser, tour des banques pour réussir à retirer quelques petits sous…Bienvenus au Bangladesh, il fait chaud, et rien ne fonctionne du premier coup, encore moins ce qui était prévu ! Heureusement le guide me fait mentir ! A 3h, il est devant le foyer, nous attendant pour nous emmener dans les Sundarbans, plus grande forêt de mangroves du monde, située dans le sud du pays. Oui oui, vous avez bien lu agence de voyage et guide ! J’aime pas trop faire ca normalement, mais ce pays est trop compliqué : il faut des autorisation légales pour aller partout et surtout sur les sites naturels, impossible de réserver un moyen de transport sans quelqu’un parlant Bangla et impossible de trouver une liste d’endroit ou réserver alors même que se présenter le jour même c’est presque sur de ne pas trouver de chambre. Tout ca couplé avec les attaques de pirates usuelles dans cette partie du pays, ca m’a poussé à entrer chez une agence. D’autant plus que j’ai pas eut le temps d’organiser leur séjour avant et bon, il faut le dire aussi, j’avais pas envie de me prendre la tête, c’était aussi mes vacances après tout, pas besoin de reproduire la galère de mon travail !

 

 

 

Port de Saderghat. C’est le grand port de Dhaka, celui où arrivent tous les bateaux remontant les rivières depuis la mer. Endroit réputé pour….ses enfants des rues ! Après nous être installé dans nos cabines 1ere classes, nous faisons le tour du port et nous nous enfonçons dans un petit marché ou peu de blancs n’ont jamais dû passer ! Qu’à cela ne tienne nous y trouvons quand même plein de sujets de photos, des bouteilles d’eau pour nos 24H de croisière, un kg de tomates qui s’avèrera être prêt d’1,5kg mais surtout très utile, mais aussi l’incroyable chaos des routes locales, entre boue/poubelle, piétons et rickshaw, charrette à bras et moto-taxi ! Mes parents sont aux anges, tout le monde nous parle, enfin nous pose les mêmes questions : « How are you ? Your country from ? What is your name ! » Mon père qui ne parle pas anglais à trouvé ici son travail : répondre aux questions ! Pas difficile car il suffit de juste comprendre l’ordre qui est parfois variant !

 

Retour dans notre bateau, vieux de presque 90ans. Ici pas d’hélice mais des roues à aube, bien que la vapeur ait été remplacée par le diesel une vingtaine d’années auparavant. 24h de trajet donc ! Les cabines sont petites avec deux petits lits une place, mais c’est toujours mieux que la 2ème classe ou les gens doivent apporter leurs nattes pour dormir ! A la tombé de la nuit, nous voila prenant notre repas dans la salle commune qui n’a rien à envier à celle du Titanic si ce n’est les lustres, les glaces, l’orchestre…Le luxe quoi ! Tout le long du voyage, nous nous arrêterons dans des ports pour laisser descendre et reprendre des passagers. Pour rassurer mes parents, je leur raconte les articles lus dans les journaux des 3 derniers jours : un ferry  coulé au large de dhaka, faisant de nombreux morts car les Bangla ne savent presque pas nager. Vers 1h du matin, alors que nous nous étions juste endormis,un violent choc suivi de cris venant de l’étage inférieur nous réveille. Sommes nous en train de couler ? Avons-nous heurté une de ces petites embarcations de pêcheurs, fragile coquilles de noix face à notre mastodonte ? No sé ! Apparemment nous aurions seulement touché le fond.

 

 

 

La suite du voyage se passe plus calmement. Assis sur le pont, nous prenons un peu le soleil et surtout des photos, observant les rives, les paysages, les indénombrables briqueries, faisant coucou dans les ports aux enfants….Arrivé à Mongla tard dans la soirée, nous descendons dans un hôtel qui a l’air magnifique (l’expression qui a l’air n’augure effectivement rien de bon, mais continuons le récit !) ! Le menu aussi d’ailleurs pourtant rien de ce qui n’est indiqué sur la carte n’est disponible ! C’est le  « no possible » (avec l’accent pseudo anglais svp) hôtel : des crevettes ? no possible ! du bœuf ? No possible ! des toasts ? No possible ! De l’eau chaude ? Possible mais pas dans toutes les chambres et surtout pas la mienne car il est bien connu que si j’ai la main heureuse avec la nourriture, les douches sont ma bête noire!

 

 

 

 Le lendemain, après la spécialité locale en petit déjeuner le no possible menu, nous partons en bateau dans la forêt de mangrove ! En chemin, nous croiserons la route d’un crocodile, un vrai, enfin je veux dire, un sauvage, un de ceux qui fait accélérer les petits bateaux de pêcheurs. Maman s’inquiète de tous ces gens que nous avons croisé qui plongent continuellement dans cette eau pour en extraire de la terre servant aux maisons ! Digne d’un remake d’anaconda ou autre film à suspense ! Eh maman, je t’avais dit que je t’emmenais dans la jungle, celle du tigre du Bengal ! En fait de tigre, nous verrons plutôt de singes et des piverts. Mais aussi des crabes, oui oui en plein milieu d’une forêt, car les mangroves comme vous le savez sûrement en bons géographes que vous êtes, ne poussent quand dans les eaux salées !

 

Nous quittons la forêt tandis qu’elle commence à être envahis par de bruyants bangladais, pour aller visiter des vieilles mosquées ! Papa fait sensation dans sa tenue locale, tout le monde veut lui parler tandis que je fulmine en faisant le tour extérieur de la mosquée, seul endroit autorisé aux femmes ! Pourquoi le guide nous a-t-il emmené là ?  La nuit se passe dans un hôtel grand standing où nous pouvons nous faire une beauté au salon alors que papa passe chez le coiffeur ! Je comprends mieux maintenant pourquoi le voyage nous revient si cher ! Et dire que j’avais demandé des hôtels normaux, qu’est ce que ca aurait été sinon !

 

 

 

Pour profiter des paysages, nous faisons le retour en bus local sans clim (au grand désarroi du guide mais pour notre plus grand plaisir et notre santé d’ailleurs !) 8h de trajet, avec environ 1h à attendre le ferry pour le passage du Gange ! Heureusement que nous avions nos tomates car ici pas de pause pour le déjeuner ! Nous arrivons dans la fin d’après midi, fourbus mais contents. Le lendemain nous permettra de nous « reposer » avec les enfants entre parties de foot and co avant de repartir pour les « montagnes de 2000m d’altitude (parait-il) !

Par Melo - Publié dans : Le Bangladesh en touriste
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Lundi 11 février 2008
C'est fou de se dire qu'en moins d'une journée, on peut passer de la tristesse à la colère, puis  à la joie.  Malgré toutes ces humeurs bien différentes, cette journée restera innoubliable.


Vendredi, c'était donc le tournoi de foot inter-école de Dacca. L'école française , comme chaque année, organise  sur son terrain cette journée sportive. Un regroupement de beau monde:école américaine,australienne, ....Des enfants d'expat et des enfants de riches bangladais...Et au milieu: nos gosses!

Pour vous décrire un peu les différences: 4 à 10 kg de moins,  mais un énorme sourrire sur le visage et des yeux qui transpirent la débrouillardise, voilà nos gosses prêt à tout pour gagner, ou en tant qu'à faire le plus de match possible!

Et  c'est qu'ils y arrivent nos petits marmots!  Aux premiers abords, les gens les regardaient d'un air un peu soupsonneux, puis ils ont vite apprécié la qualité de jeux des nos enfants. N'empeche que le nouvel ambassadeur de France a passé 1h a discuter avec nous de notre projet, très interessé!

Chapitre 1: La tristesse ou comment se rappeller que les parents c'est important
Demi-finale de la ligue 2, les petits s'en donnent à coeur joie, déjà 3 buts de marqués, et un de pris. Le goal adverse tellement destabilisé par les attaques répettées de notre buteur, est sorti du terrain en pleurant! Mi-Temps, changement de cage! Et la l'équipe adverse, supporter par coach et parents se reprends et marquent 3 but! Coup de sifflets final et tous les parents se précipitent en hurlant de joie sur le terrain, leurs enfants sautant dans leurs bras. Et nos mômes au milieu de tout ca, slalomant entre les cris de joie pour sortir du terrain, dépités et tristes, ils ont perdu leur chance de finale, et personne à part deux expats ne sont la pour les consoler. Heureusement un père est venu, s'est déplacé pour dire à nos enfants, dans son anglais parfait: "Wow boy, it was a tough match, you are playing very well! " (désolée si j'ai pas retenu les paroles exactes qui du coup ne traduisent plus l'anglais parfait!;))

Chapitre 2: La colère ou comment se rappeller que les cons existent partout!
Finale de la ligue 3! Notre seule finale cette année, mais c'est déjà bien! Le match va bientôt commencé, les équipes commencent à se diriger vers le terrain, les parents et coach aussi et la....c'est le drame! Une mère se met à gueuler, le coach et je-ne-sais-qui de l'école qui prennent à parti l'arbitre et le staff de l'école française qui étaient venus voir le match!
"Ouais ces enfants ils sont trop grands, vous avez triché sur les dates de naissance, en plus vous avez fait changer les équipes, celle de la ligue 2 a joué dans un match de ligue 3..." Ils refusaient de jouer contre nous, disant que c'était pas possible, de la triche ....Les gens de l'école française qui insistaient, disant que nos gamins étaient des enfants des rues, que nous ne pouvions pas savoir exactement leur age mais que depuis le début de la journée, personne n'avait contesté et que tout c'était bien passé! Et que le plus importants c'était que les enfants jouent! Et tout ca devant les enfants, qui même s'ils ne comprennent goutte à l'anglais, ont très bien compris que ca se battait à cause d'eux! Au final, ils acceptent quand même en ralant de jouer. La directrice de l'école est allé faire un peu de diplomacie mais rien n'y a fait, du coup elle a carrément dit que l'année prochaine leur école ne serai pas invitée vu que ca fait deux ans qu'ils font la même scène. Heureusement pour eux, ils ont gagné, nos enfants étaient tellement destabilisés qu'ils osaient plus toucher le ballon, et du coup pour la jouer fair play ils ont dit à leurs gosses de serrer la main des notres! S'ils avaient perdus je suis sûre qu'ils ne l'auraient pas fait!
Bref, remises des médailles, et à coté de moi, un Bangladais qui commence à prendre Radia à parti sur cette histoire! Manque de bol j'étais la et je lui explique que des enfants des rues se sont des enfants qui n'ont plus de parents  (même si c'est pas tout à fait vrai, il vallait pas le coup que je me lance dans de plus grandes explications) d'où le fait que leurs parents ne sont pas la aujourd'hui! Et ce con***d qui commence a m'engueuler en disant que j'y connais rien! Et même après lui avoir dit que je travaillais avec eux et que je connaissais ces gosses l'autre gros lard me disant que nous devrions les laisser à leurs parents....super agressif le mec et franchement, j'aurait pas été entourée d'enfants, ces 20kg de plus ne m'aurait pas empêcher de lui mettre une mandale bien placée! Après tout c'était une journée de foot et ils adorent Zidane ici, alors j'aurai pu l'imiter!!

Chapitre 3: La joie, ou comment avoir un souvenir innoubliable
Mais malgré tout ca, il ne fallait pas que la journée soit gachée, les enfants étaient tellement contents!Et le mieux, a été ....un énorme calin! Les enfants ne savaient pas ce qu'ils allaient recevoir et après la première remise de médaille, un petit gars s'est mis à courrir avec sa médialle dans les mains, hurlant mon prénom à tue-tête, et à peine arrivé pres de la tente où je gardais nos affaires, il s'est précipité dans mes bras, suivi de 3 ou 4 de ses acolytes qui m'ont sauté dessus, me faisant plier sous leur poid! Me revoila couché par terre, avec un petit tas de marmots sourriants sur moi!

Juste magnifique,
D'après l'école française, nous avons eu le départ le plus sympathique, tous nos enfants à la queue leu leu, leur médaille à la main faisant coucou devant la tribune...fatigués mais tellement heureux!
Dans le bus minuscule et pourri qui nous rammenait dans notre quartier populaire, constratant avec les transport climatisé des autres enfants, plus d'un se sont endormis....donc une arrochée à mon cou...


Par Melo - Publié dans : Le foyer pour enfants des rues
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Samedi 19 janvier 2008
Bonjour à tous,

Au moment ou monsieur Sarkozy remet en cause cette chaîne de télévision par internet, je vous propose de regarder un de leur reportage. Car en effet, il parle de nous!!!!
voici le lien: http://www.france24.com/france24Public/fr/reportages/20080117-HUMANITAIRE-Bangladesh-enfants-travail-misere.html

Au sinon vous pouvez aller sur france24.com et recherche l'émission "humanitaire"

J'espère réussir à voir prochainement le reportage mais ma connexion me donne plutôt des pointilliers pour le moment=)

Si vous voulez voir plus de vidéo sur l'ONG PARTENAIRES, je vous conseille notre site internet, il y a entre autre celle passée au JT de TF1

Bonne visualisation,



Par Melo - Publié dans : Le foyer pour enfants des rues
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Jeudi 17 janvier 2008

Quelque chose d’intéressant ici c’est le brassage du statut social ! Dans les campagnes, pas de guéthoisation ! Je ne dis pas que ce n’est pas le cas dans les villes ! En tout cas à Dacca, les bidonvilles sont légions, les beaux appartements aussi ! Mais au pieds de ces beaux appartements ce sont des tentes de fortunes, dans de la boue même en saison sèche, des tôles et autres divers matériel pour se construire un semblant d’intimité ! Oui, entre deux buildings blancs et climatisé, on peut voir des hommes et des femmes pêcher dans le lac dont les bords ne se constituent pas de sable ni mme de terre ou de cailloux mais de sacs plastiques et de détritus ! Dans cette eau plus sale que même la couleur en est indescriptible, des gens se LAVENT ! « Indifférents » au taux d’arsenic, et autres produits chimiques que les entreprises déversent, aux maladies et parasites, à la pollution qui flotte à une brasse de la, à l’arrivée des égouts des riches qui se déversent, boueux, quelque mètres plus loin !

 

 

 

Comment peut on en arriver la ? Certes ne jamais avoir rien connu d’autre aide sûrement à fermer yeux. Ne jamais les avoir eu ouverts ! Mais tout de même. Pour ces plus pauvres des pauvres il n’y a pas de beau ! Même les saris des femmes pauvres ne sont plus beaux, contrairement à ceux des classes moyennes. Ces classes qui a défaut de pouvoir obtenir une belle maison (le loyer d’un appartement normal dans un quartier très populaires est égal à deux mois du salaire moyen local), des belles décorations, assouvissent leur besoin de beauté à travers leur vêtements, mosaïque virevoltante de couleurs et de forme ! Mais pour les indigents, rien de tel, le beau n’a pas sa place dans leur vie, dans aucune façon. Mais le beau n’est il pas l’apanage des riches, des gens qui ne sont pas dans le besoin, des occidentaux ? Non je pense sincèrement et ce depuis que je voyage, que le beau est l’apanage du rêve, le beau est l’échappatoire de la misère et de la violence de la vie ! Ce devrait être un droit humain que de pouvoir, faire, voir ou avoir du beau ! Et tous les pays que j’ai visités jusqu’à présent, Indonésie, Pakistan, Inde et Bangladesh  m’ont prouvé cette soif de beau que les peuples ont ! Ces camions multicolores au Kashmir, ces saris en inde, ces bus en Indonésie, des rickshaws au Bangladesh sont selon moi autant de preuve que le beau ne souffre pas du manque de moyen, et qu’à peine quelque sous en poche, l’homme ressent le besoin, comme un besoin vital d’orner sa vie, son outils de travail quel qu’il soit ! Certains pourront dire que c’est juste pour paraître ! Paraître riche et hors du besoin ! Je ne peux pas nier qu’il y ai de ça, mais pour paraître riche pourquoi ne pas s’acheter une super téléphone, une montre en or ou n’importe quel objet que les hommes riches d’ici s’achètent comme preuve de leur statures. Non toutes ces peintures, tout cet art est à la fois pour prouver une richesse mais aussi pour décorer la vie, pour donner de la couleur et de la douceur à ce monde. On peut le considérer que comme du vernis afin de mieux cacher le degré de détérioration de ces bus, rickshaw et camions ! Mais qui s’en préoccupe à part ceux qui vivent tellement dans l’hypocrisie qu’ils en cherchent partout la trace ? C’est beau, vivant et coloré et c’est un baume apaisant au milieu de toute cette poussière !

Par Melo - Publié dans : Reflexions
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Mercredi 2 janvier 2008

J'avais promis la fois d'avant de raconter combien je prenais le cambriolage au sérieux, donc voici sur un ton tout à fait différent de "l'inspecteur Melon mène l'enqête" les diverses réflexions que m'ont permis cet incident.

Je suis ici et nulle part. Ni de place ni de temps. Qu’est-ce que la temporalité pour moi, alors que ma vie n’est même plus rythmée par les saisons, les cérémonies qui réunissent les gens qui s’aiment. Mes festivités à moi sont devant un écran qui ne me renvoie pas d’autre chose que mon reflet bleuté, que des pubs acidulées sur un site français d’information. Qu’est ce qu’une maison pour moi, quand ma seule possession est une chambre de 12m² ? Certes, remplie de souvenirs provenant des 4 coins du monde, dans les 4 coins de cette chambre, mon monde ! De chambre en chambre, passe de cerveau plutôt que du corps, mais passage tout de même.

6 mois ici, 6 mois ailleurs, et je me plains ! Alors que c’est mon choix, et qu’au moins je ne dors pas dans des cartons. Je me sens déstabilisée dans mes fondements psychologiques alors même que les enfants pour qui je suis ici n’ont même jamais eut ces fondements. Ils se sont construits sur rien, ni amour ni possession ou tout juste assez pour remplir 2 poches trouées. Ils n’ont même pas construits une image d’eux-mêmes alors que leur corps est leur seule possession, bien d’autant plus fragile qu’il est souvent la source d’abus. Sans miroir, sans hygiène ni intimité, avec pour seul regard celui du dégoût des autres devant leur saleté. Malgré tout ce qu’on pourrait faire pour eux par la suite, il n’y aura pas d’onguent assez fort pour cicatriser les crevasses de leur enfance. Il n’y a même pas de colle ou de ciment assez puissant pour réparer ou construire à partir des éclats de leur individualité. C’est comme de l’argile détrempée des larmes de douleurs qu’ils n’ont jamais évacuées. Les vannes n’ont pas pu être ouvertes. L’éclusier a démissionné, son écluse n’a pas de fleurs au balcon. Tout n’est que saleté pour eux ! Le rêve a-t-il une place dans ce monde poussiéreux, ce monde de combats quotidiens ? Comment vouloir devenir adulte dans leur monde ? L’adulte est celui qui profite de sa force pour abuser, sans rien donner en retour. Pas comme tous ces grands frère, dont la main apporte à la fois coups et violence mais aussi bienfaits. L’adulte, l’indifférent, viole, écoeuré et surtout écoeurant.

 

Comment recréer une confiance dans cette situation ? Comment dire : vient, chez nous il fait chaleureux, chez nous il n’y a pas de violence ?

 

 

 

Mais nous avons failli. Même dans notre centre, il y a les regards écoeurés. Ceux des enfants devant le nouvel arrivé. Il y a la violence. D’un frère contre un autre, comme un modèle d’action évident, logique, reproductible car tellement courant dans leur monde. Il y a les intrusions de l’extérieur, cambriolant à la fois un lieu mais aussi violant une quiétude. Il y a le manque d’intimité comme sur les trottoirs de Dhaka, car ils dorment nombreux dans la même pièce. Et il y a tout ce que je ne sais pas encore.

 

 

 

Nous ne pouvons pas nous contenter des mots, de la bonne intention. Ces enfants ont placé la seule confiance qu’ils n’aient jamais réussi à construire dans notre capacité à les protéger, à la fois de l’extérieur mais aussi d’eux mêmes. Nous ne pouvons pas mentir, nous sommes les seuls adultes à qui ils s’identifieront plus tard, à qui ils voudront ressembler, si nous ne les trompons pas.

 

 

 

Le jour où nous les avons regardés de manière différente, le jour où nous leur avons tendu la main, ce n’est pas seulement de la nourriture et un toit que nous leur avons promis. Nous nous sommes engagés à leur donner quelque chose de plus : l’opportunité, la volonté de grandir, de se construire. C’est un contrat, un engagement. Nous ne pouvons pas nous contenter de faire de notre mieux. Nous devons faire plus en l’honneur de cette confiance, pour que cette chance que nous leur donnons ne soit pas seulement une parenthèse mais un vrai départ pour l’avenir.

 

Cela peut paraître banal et coulant de source. Mais pourtant j’ai vu trop de satisfaction. Il a fallu un incident pour s’apercevoir que nous nous étions endormi sur notre bonne conscience, oubliant les termes du pacte signé d’une poignée de main, d’un regard d’espoir. Cette encre n’est pas indélébile mais l’espoir gravé dans le cœur d’un enfant ne peut souffrir d’être abandonné, ni même vendu à la paraisse et au contentement infondé. Et ce ne sont pas eux, les enfants, qui vont nous rappeler notre devoir envers eux, malheureusement.

 

 

 

Nous nous devons d’être leur inspiration et leur boussole, leur force et leur terreau, à ces jeunes pousses.

Par Melo - Publié dans : Le foyer pour enfants des rues
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